Alibabelle

Trouver un vocable susceptible de se substituer au vilain vagin, qui puisse être caressant pour les oreilles, voilà qui n'est pas si simple.

Le vagin ("fourreau" pour l'épée, selon une étymologie assez pesante) n'a qu'un mérite, celui de la simplicité.

Il nous a d'ailleurs été rapporté que certaines gynécologues hésitent à utiliser ce terme, tant il heurte la sensibilité auditive de leurs patientes.

 

Parmi toutes les pistes étudiées dans la rubrique "mots en débat" (cf. ici), c'est l'alibabelle qui a le vent en poupe. Pourquoi ? 


La réalité

Même si le vagin n'a rien d'immobile, et rien de minéral ni de rugueux, son aspect interne peut réellement faire penser à l'intérieur d'une grotte, ou d'une caverne humide, aux parois rose pâle.

Les gynécologues pourraient en témoigner, ce tunnel extensible semble idéal pour accueillir le bébé avant son émergence à l'air libre.

Pourrait-on dès lors parler de la caverne d'Alibabelle ? Voire, plus directement, de l'alibabelle ?

C'est peut-être parce qu'il s'agit d'une caverne très particulière qu'elle mérite ce nouveau nom ?


L'utilité

L'alibabelle serait ainsi cette caverne fort convoitée, notamment par les 40 v(i)oleurs (cf. l'affaire Pélicot), qui ne s'ouvrirait que si certains mots (de passe ??? ou d'amour ?) sont prononcés. Si et seulement si certains gestes magiques sont proposés... Paroles et stimulations capables de procurer des sensations dignes d'occuper mille et une nuits...

Avec l'alibabelle et ses sonorités alléchantes, c'est un tout autre récit qui se déroule devant nos yeux émerveillés par tant de trésors organiques...

L'alibabelle a d'ailleurs la forme d'une tour orgueilleuse, érigée par les humains pour atteindre le ciel (le septième ?) - ce qui leur a valu, selon le livre de la Genèse, une punition divine : la multiplicité des langues...

Dès lors, que l'alibabelle puisse a contrario être le lieu de l'amour retrouvé... celui de l'union des nations... cela paraît singulièrement juste. "My vagina is eight miles wide", chantait Storm Large - une belle base pour l'accueil des déshérités... et pour favoriser la diversité. 


La ou les contributrices

Plus que l'identité de la contributrice, peut être que le plus important ici, c'est de conter les circonstances dans lesquelles est apparue l'alibabelle.

C'est suite à l'une exploration de l'anatomie féminine que ce nouveau mot s'est imposé.

L'émerveillement ressenti suite à cette vision organique, voire "gynécologique", a donné naissance à cette créativité si précieuse. Celle grâce à laquelle les femmes peuvent se réapproprier leur intériorité.


A noter que l'alibabelle a surgi chez une tantrika ignorante des trésors de Lalibela, cette ville éthiopienne qui abrite une douzaine d'églises sculptées dans la roche au XIIIe siècle. Site protégé par l'UNESCO, Lalibela porte le nom du roi Gebre Mesqel Lalibela. Les églises ont été excavées avec des piques et des marteaux. Certaines ont une forme très verticale, puisqu'elles ont été crées à partir du haut - une preuve de plus que l'alibabelle peut nous aider à élever ce qui peut l'être...